Spécial avenir : les 100 métiers qui recrutent le plus
Témoignage

Grutier : Loïc est l'homme clé du chantier

Le bâtiment manque de grutier. Le métier attire de plus en plus les jeunes. Mais ce n'est pas facile de trouver une formation. On peut aussi travailler dans les ports, sur les plateformes pétrolières et à l'étranger.

Bien connaître les métiers du bâtiment est un plus pour devenir grutier.

Après un Bep dessinateur, construction, topologie et un bac professionnel qui le destinait à être métreur ou chef de chantier, Loïc Deschamps n'a pas trouvé de boulot dans le bâtiment.

« Pas d'expérience. » Le couperet est tombé. Durant ces cinq années d'études, il « a touché à tout, sans acquérir de spécialité ».

Partir à l'étranger

Comme Loïc veut rester dans le milieu, il choisit la formation de grutier proposée par l'AFT-Iftim de Quimper. « J'ai accroché tout de suite. Et j'ai vite compris que je pourrais partir à l'étranger. »

Sur les hauteurs de Quimper, Loïc est aux manettes de la grande grue, au parc de l'entreprise Joncour. Il passe son examen, le Caces. Les ouvriers trouvent qu'il se débrouille pas mal avec la flèche de 40 m, le p'tit jeune. « Donne-nous tes coordonnées. On va glisser un mot au patron. » Dans le bâtiment, les travaux publics, mais aussi dans les ports, le grutier se fait rare. « On peut arriver au pied du chantier avec sa valise et se faire embaucher. »

Loïc, 23 ans, est un doux rêveur, un peu aventurier. « Travailler dans un lieu où il n'y a personne, en pleine mer, sur les plateformes pétrolières. » En attendant de rejoindre des contrées plus lointaines, le jeune homme profite de « la belle vue sur l'Odet ».

Intérimaire chez Manpower, Loïc participe, au sein de l'entreprise René Joncour, à la construction de logements pour l'Opac. Le grutier est un des hommes clés du chantier. « Vu d'en haut, c'est impressionnant. J'ai posé des fenêtres, monté des parpaings, je connais les gestes des ouvriers. C'est un plus. »

Avec la grue, Loïc ravitaille tous les corps de métier. Il transporte les éléments préfabriqués, les paniers d'étais ou encore la benne pour déposer le béton. Une tâche minutieuse qui demande patience et adresse. Il ne faut pas avoir la tête dans les nuages. « C'est un travail de grande précision. Le plus difficile, c'est d'arrêter le ballant des élingues, situées au bout de la flèche. Il faut plusieurs mois pour bien maîtriser. » Pas évident lorsqu'il y a du vent.

Si la fréquence est bonne, les hommes communiquent par talkie-walkie. Autrement, ils utilisent le langage des signes propre au métier. Loïc a dû gagner la confiance des ouvriers. « Si le gars s'écarte, c'est que le grutier n'est pas bon. » Le test est infaillible.

En savoir plus

On ne peut pas devenir grutier avant 18 ans. Aucun lycée professionnel, aucun centre de formation d'apprentis ne prépare à cette profession. Il n'existe pas de diplôme Éducation nationale.  

Apprendre le métier

Titre professionnel

Mis en place par le ministère de l'Emploi, il valide l'ensemble des compétences nécessaires pour le métier de grutier.  

CACES (certificat d'aptitude à la conduite en sécurité)

La conduite des grues ne doit être confiée qu'à des grutiers dont l'aptitude a été reconnue par ce certificat d'aptitude (Caces). Ce permis de conduire les grues est exigé par la Caisse d'assurance maladie (Cnam). Il comprend une visite médicale (tests visuels et auditifs) et des tests d'évaluation théoriques et pratiques. Ce certificat d'aptitude à la conduite en sécurité, qui ne remplace pas un titre professionnel, doit être réactualisé tous les cinq ans. Le matériel évolue et cette remise à niveau d'une semaine est indispensable pour la sécurité. Ne pas confondre le Caces avec les titres professionnels de grue mobile ou de grue à tour.  



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