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Témoignage

Chercheur : Anatole planche sur la réalité virtuelle

Les jeunes sont de moins en moins attirés par la recherche. Dommage pour eux. Anatole, lui, y trouve une grande liberté de création et de réflexion. « Sans cesse, il faut douter, se remettre en question, évoluer ».

Anatole travaille sur la création de sensations physiques dans la réalité virtuelle.

« En terminale scientifique, j'avais la tête dans les étoiles : je rêvais d'astrophysique. Je dessinais beaucoup aussi. » Après le bac, Anatole Lécuyer hésite entre les sciences et le dessin. Il choisit les maths et l'École Centrale de Lille. Pendant sa dernière année d'école d'ingénieur, il prépare un diplôme d'études approfondies (DEA) en automatique et informatique industrielle. Le métier de chercheur commence sérieusement à l'intéresser. « On peut donner libre cours à son imagination. C'est la matière grise à plein temps. »

Scientifique, il n'en oublie pas sa passion pour le dessin. « J'ai passé en revue tous les domaines scientifiques consacrés à l'image. Je me suis arrêté sur le thème de la réalité virtuelle. » Ce sera le sujet de sa thèse.

Il planchera pendant trois ans dans les laboratoires d'EADS, l'ancienne Aérospatiale, puis un an au Commissariat à l'énergie atomique avant de réussir le concours de chargé de recherche à l'Institut de recherche en informatique et automatique (Inria).

« Déjà, dans certains jeux sur le marché, on sent les vibrations dans le volant, quand la voiture virtuelle dérape. Dans mes recherches, je propose des solutions plus sophistiquées : dans une manette, on ressentira toutes les sensations physiques d'effort. Par exemple, on pourra simuler l'assemblage de pièces d'une voiture ou d'un avion et ressentir réellement le poids et les résistances quand elles s'emboîtent. » Avec des applications dans le médical (simulateurs chirurgicaux), l'industrie et les jeux vidéo.

Le chercheur apprécie la liberté intellectuelle dont il dispose. « Même si j'ai des comptes et des résultats à rendre. Il y a un côté découverte exaltant. C'est la conquête de l'Ouest en permanence ! Sans cesse, il faut douter, se remettre en question, évoluer. Avoir une idée, c'est bien. Encore faut-il vérifier qu'un chercheur ne l'ait pas eu avant vous. »

Il se plonge dans les livres, les publications scientifiques et sur Internet. Il faut aller chercher des financements, collaborer avec d'autres laboratoires. Un travail à la fois solitaire et en équipe. Il écrit aussi des articles sur les résultats de ses recherches. Toujours en anglais. Certains sont publiés dans des revues internationales. « C'est le quotidien du chercheur qui est évalué constamment par ses pairs. »

Les meilleurs participent aux congrès internationaux. Anatole revient ainsi Los Angeles où il a présenté ses recherches auprès de 500 autres spécialistes.

En savoir plus

Le chemin est très long et semé d'embûches avant de devenir chercheur. Comptez au minimum neuf ans d'études après le bac.  

Apprendre le métier

Master à bac + 5

Après le bac, on peut choisir l'université pour obtenir en quatre ans, le Deug, la licence et le master, suivis un an plus tard du master recherche, à bac + 5. Pour franchir la sélection, un bon dossier est nécessaire : les redoublements sont à éviter et les mentions sont les bienvenues. En master première année, il faut choisir les sujets de recherche qui ouvriront plus facilement les portes du master recherche. Après le bac, on peut se diriger vers une classe prépa en deux ans, puis une école d'ingénieurs en trois ans et un master recherche, soit dans une université, soit dans une école d'ingénieurs.  

Trois ans de thèse

Dans la foulée du master recherche, on se lance dans une thèse sur un sujet de recherche. Cela prend trois ans au minimum, quatre ans parfois. Après la rédaction d'un mémoire, on soutient sa thèse devant un jury, pour obtenir son doctorat (10 000 docteurs par an). C'est le grade le plus élevé dans les diplômes universitaires. Pour sa thèse, il faut choisir un directeur de recherche (et être choisi par lui). Il guide l'étudiant dans le choix de son sujet, dans ses études bibliographiques, dans ses expérimentations, dans la rédaction de la thèse. On prépare sa thèse dans une université. Mais une quarantaine d'écoles d'ingénieurs offrent cette possibilité.  

Post-doctorat

La thèse en poche, on peut passer un concours dans un organisme public de recherche ou se faire embaucher dans une entreprise privée. Mais il est recommandé de poursuivre une année de recherche dans un laboratoire étranger (américain ou européen) ou français. C'est l'année post-doctorat.  

Concours

L'étudiant peut alors passer les concours des organismes publics de recherche : CNRS, Inra (agronomie), Inria (informatique), Inserm (médical), Ined (démographie), Ifremer (milieu marin), Ademe (pollutions), BRGM (géologie), CEA (nucléaire), Cnes (espace), Instituts Pasteur (maladies) et Curie (cancer). Après succès, il passe un an de stage avant d'être titularisé.Un chercheur peut aussi trouver un emploi dans une entreprise privée, sans avoir à passer de concours.  

Enseignant chercheur

Dans le public, existent les enseignants chercheurs des universités et des grandes écoles. Ils partagent leur temps entre les cours aux étudiants et la recherche au sein de l'université. Après la thèse, on se présente aux concours de recrutement. Début de carrière comme maître de conférence.  



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