
Chef de chantier : Emmanuelle a trouvé sa voie
Elle anime une équipe, répartit les tâches, contrôle le bon déroulement des travaux, veille à l'approvisionnement des matériaux. Et fait face aux imprévus.

Emmanuelle : « Travailler à l'extérieur, ce n'est pas rengaine. Chaque chantier est différent. »
À 22 ans Emmanuelle Le Saux est chef de chantier dans l'entreprise de travaux publics Hélary à Guingamp. Elle dirige une équipe de trois ouvriers et un conducteur de tractopelle. Emmanuelle travaille à partir de plans émis par le bureau d'études et sous la conduite d'un conducteur de travaux. En tant que chef, elle organise les tâches, effectue les réglages nécessaires, gère les stocks, assure la sécurité du chantier, cherche même un restaurant pour le midi. « Pas de problème avec les hommes avec qui je travaille. Je suis jeune, je regarde, j'écoute leurs conseils. » Emmanuelle n'hésite pas à mettre la main à la pâte. « Hier, j'ai posé des bordures de trottoir granitées. »
Comment une jeune fille qui était en 1re S a-t-elle pu choisir ce métier ? « Pour moi, les cours étaient trop théoriques. Je me suis orientée vers un bac STI (sciences et techniques industrielles) génie civil. J'ai eu le déclic lors d'un Salon de l'étudiant de Rennes. »
Un stage d'un mois dans une entreprise d'aménagement de réseaux et de canalisations de la région conforte la lycéenne dans son choix. Elle ne traîne pas à obtenir un BTS travaux publics. Puis décroche un stage de deux mois dans l'entreprise Hélary. Un pied dans la place. « Mes parents m'ont poussé à faire une année d'études de plus à Égletons en Corrèze. J'étais en alternance entre l'IUT et à nouveau l'entreprise Hélary. » Dès la sortie, Emmanuelle est embauchée dans l'entreprise guingampaise. « J'aurais pu faire une licence pro travaux publics, mais j'avais envie de travailler, d'être sur le terrain. »
Emmanuelle n'a pas de regrets. Même si en hiver, il faut être sur le chantier par tous les temps. « Le froid, c'est rien. On se réchauffe en travaillant. La pluie, c'est plus pénible. » Dur d'être une fille dans un milieu d'hommes ? « J'ai du caractère. Je ne me laisse pas faire ! », précise la jeune fille. Qui s'empresse d'ajouter : « Il n'y a pas de problème. Les collègues me respectent. »

On peut devenir chef de chantier après le bac pro travaux publics ou le brevet de technicien encadrement de chantier génie civil. Mieux vaut préparer le BTS travaux publics ou le DUT génie civil, option travaux publics et aménagement. Accès avec le bac STI, génie civil, S ou le brevet de technicien. Des licences professionnelles permettent de se spécialiser en un an.

BTS travaux publics
IUT génie civil
Licence professionnelle
Permet de se spécialiser en 1 an: Chef de chantier bâtiment et construction, en apprentissage et statut étudiant, CFA Formasup, université de Valenciennes ; Génie civil et construction spécialité encadrement de chantier, IUT Perpignan ; Travaux publics spécialité encadrement de chantier, lycée Combes, Pons (Charentes maritimes) et IUT de La Rochelle ; Santé travaux publics spécialité conduite de chantiers de routes et voirie et réseaux divers, IUT de Villeurbane (Rhône)
Formation adultes
Formation adultes en 2 ans, en alternance. Avoir un bac technologique ou pro ou un an d'expérience.
Master génie civil et infrastructures
Master génie civil maitrise de projets