
Chauffeur routier : Catherine vit dans son 40 tonnes
Le métier ne fait plus rêver les garçons. Il commence à attirer les filles. Une aubaine pour les transporteurs. Catherine a créé son entreprise avec son mari. Depuis, ils font la route à deux.

La cabine personnalisée ressemble à une maison miniature, avec réchaud, télé.
Les 460 chevaux du moteur ronronnent. Aux commandes du semi-remorque, un Scania Top Line, Catherine Thomas se dirige vers Paris. À ses côtés, son mari prendra bientôt le volant. « On roule en double. On a créé notre entreprise : B et T transports à Saint-Julien, près de Saint-Brieuc. » Avec vingt tonnes de chargement, ils sont partis des Côtes-d'Armor à 19 h. Direction : l'Allemagne du nord. Ils seront à Hambourg dans deux jours. « Il a fallu faire le tour des coopératives et des fermes de Morlaix et Paimpol pour prendre livraison des choux-fleurs, artichauts. selon la saison. Les marchandises qui seront livrées en premier sont chargées en dernier. »
5 h : Catherine quitte la couchette du camion pour reprendre le volant. « Nous sommes à la frontière belge. Pendant que mon mari dort, je vais conduire jusqu'à la frontière allemande où il prendra le relais. »
En quatre ans, Catherine a parcouru 730 000 kilomètres. Ses études de styliste modéliste ne la prédestinaient pas au métier de chauffeur routier. Chez Promotrans, à Saint-Brieuc, Catherine passe l'attestation de capacité professionnelle, ses permis poids lourds 19 et 40 tonnes. Elle enchaîne sur la formation obligatoire de conducteur routier (Fimo). « J'étais très fière d'arriver dans un milieu d'hommes. Tout s'est très bien passé avec les collègues sur la route. » Le camion fait 16,50 mètres de long. « Avec la direction assistée, je manouvre sans difficulté, au centimètre près. » La crainte de l'accident ? « Je n'ai pas peur dans le camion. C'est le respect des horaires de livraison qui me stresse. »
L'ordinateur de bord surveille le bon fonctionnement du camion. « Ça ne m'empêche pas d'être attentive aux petits bruits. »
La circulation s'intensifie. Catherine joue avec ses douze vitesses. Elle doit trouver l'adresse de son premier client. Très concentrée sur le trafic, elle repère d'un coup d'oil le nom des rues. « Le routier doit avoir le sens de l'orientation. »

Trois diplômes mènent au métier de conducteur routier : le CAP conduite routière, le BEP conduite et services dans les transports routiers et le certificat de formation professionnelle (CFP).

CAP conduite routière
Les Greta (Éducation nationale) forment aussi à ce métier. S'adresser dans les lycées publics du transport.
BEP conduite et services dans les transports routiers
Les Greta (Éducation nationale) forment aussi à ce métier. S'adresser dans les lycées publics du transport.
CFP (certificat de formation professionnelle)
Se prépare à partir de 18 ans en contrat de professionnalisation. Il est apprécié par les employeurs.
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