Spécial avenir : les 100 métiers qui recrutent le plus
Témoignage

Chaudronnier : Marjory fait plier le métal

Plus besoin de biceps pour faire plier la tôle. Les machines à commande numérique remplacent souvent le marteau chez les chaudronniers. Les femmes sont les bienvenues dans ce métier qui recrute.

En coupant et en pliant la tôle, Marjory savoure le plaisir de créer des produits.

Victime de l'orientation au lycée, Marjory Perrichot s'est bien rattrapée. Après avoir redoublé sa seconde, elle veut entrer en BEP vente. Mais il n'y a plus de place. Seule issue proposée : le BEP secrétariat. « Ce n'est pas ce que je voulais faire, mais je n'avais pas le choix. » Son premier emploi en intérim la conduit dans un atelier agroalimentaire. À l'ANPE, on l'aiguille vers la soudure et la chaudronnerie qui recrutent. Marjory se souvient du plaisir qu'elle prenait à réparer la voiture de son père, passionné d'auto-cross.

La voilà partie avec enthousiasme à l'Afpa de Lorient, pour une formation d'un an, en alternance, en soudure et chaudronnerie. Une entreprise l'accueille, puis l'embauche dans la foulée : Letort technologies, à Bocneuf-la-Forêt, près de Josselin (Morbihan). « Le chaudronnier part toujours de tôles en acier, inox ou aluminium. Leur épaisseur varie de 1,5 mm à 10 mm. Tout le travail est de découper ces plaques à la bonne dimension, de les percer et de les plier pour les transformer en cuve, machine à trier les crevettes, silo à grains... Après assemblage et soudage. Nous fabriquons toutes sortes de machines sur mesure. »

Pour couper les plaques aux bonnes dimensions, Marjory consulte les plans, prend les cotes, trace des diagonales. La guillotine fera le reste. « Il faut aimer les maths. Le chaudronnier doit voir les formes et les volumes dans l'espace. » C'est de la géométrie. Un autre outil perce les trous. La machine la plus impressionnante reste la plieuse à commande numérique. Sur l'écran tactile de l'ordinateur, Marjory rentre les cotes, l'épaisseur, les angles de pliage au degré près. « Je dicte les ordres. » En une fraction de seconde, les machoires de la machine se resserrent sur la tôle. L'angle est parfait.

« J'adore la touche finale qui consiste à assembler les divers éléments en les soudant. Une opération qui demande une extrême précision. Pour mettre les pièces d'équerre, on tape sur la tôle. » Marjoy utilise aussi des meules. Le métier reste un peu bruyant et physique. « Pas besoin de faire de la gym après le travail ! »

Une fois les pièces réalisées en atelier, le chaudronnier part les installer chez le client : un silo chez un agriculteur, des passerelles et garde-corps dans une usine... ou des installations plus complexes à poser en Russie et en Afrique du Sud, comme cela arrive souvent aux chaudronniers de la société où travaille Marjory.

En savoir plus

Diplômes de base : le CAP constructeur d'ensembles chaudronnés, le BEP et le bac professionnel réalisation d'ouvrages chaudronnés et de structures métalliques.  

Le bac technologique industriel STI, spécialité génie mécanique, comporte une option structures métalliques. Il mène au BTS réalisation d'ouvrages chaudronnés. Les meilleurs élèves du bac pro peuvent aussi y accéder.  

 

Apprentissage en Bretagne : : BTS.  

Apprendre le métier

CAP constructeur d'ensembles chaudronnés

 

BEP réalisation d'ouvrages chaudronnés et de structures métalliques

 

Bac professionnel réalisation d'ouvrages chaudronnés et de structures métalliques

 

BTS réalisation d'ouvrages chaudronnés

 

Chaudronniers

En centre AFPA (formation professionnelle des adultes).  



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